The hand that feeds you

dsc06408Alors si je vous dis que Leshakili a été enlevé par des extra-terrestres et qu’ils ne l’ont relâché devant ma porte que le 24 décembre au soir, avec un bonnet de père Noël sur la tête,vous me croyez ?

Si je vous dis que Leshakili a gagné au loto et qu’il a décidé de s’offrir un tour du monde sur un voilier de luxe et qu’il n’est rentré que ce matin, vous me croyez ?

Non, je vois bien, aucune excuse sortie de mon imagination fertile ne pourra expliquer cette looooonnngue absence si ce n’est une chose que Leshakili et moi partageons et cultivons assidûment : la procrastination !

Bref ne perdons pas de temps et parlons tout de suite de ce petit roman avec lequel Leshakili et moi-même faisons notre come-back ici .

Bon, alors ce n’est pas non plus le roman de l’année, hein . Il s’agit d’une lecture de complaisance : facile à lire, pas prise de tête avec juste un zeste de suspense qui te pousse à le lire jusqu’au bout .

De quoi s’agit -il ?

L’héroine de ce roman, Morgan Prager rentre chez elle un soir et trouve le cadavre de son fiancé atrocement mutilé , gisant sur leur lit. Dans l’appartement errent les trois chiens de Morgan, couverts de sang et l’air plutôt penauds . Facile me direz vous : les molosses , lassés d’attendre leur ration de Canigou, s’en sont pris au type et il leur a servi de dîner ! Que nenni, la clé de ce meurtre , vous vous en doutez est beaucoup plus complexe que cela .

Et il vous faudra lire presque 300 pages pour la découvrir !

J’ai mollement aimé ce roman : si le sujet est accrocheur, certaines ficelles sont un peu grosses . La personnalité insaisissable du fiancé ( le roman fait par moment penser au roman de G. Glynn Les Apparences) est un atout au départ mais ne suffit pas pour que le livre soit vraiment passionnant .

A lire donc si vous aimez les chiens mais pas un indispensable non plus !

The Hand that feeds you  ( Ne mord pas la main qui te nourrit ) – A.J. Rich

En attendant Bojangles

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My God ! Déjà presque la fin de l’été et Leshakili préfère se faire bronzer le ventre  au soleil plutôt que de venir vous parler de ses lectures ! (En fait, il ne se prélasse pas du tout au soleil, vous pensez bien qu’avec tous ses poils il préfère roupiller tranquilou à l’ombre d’un buisson !)

Avec ce roman, nous faisons connaissance d’une famille complètement loufoque . Le narrateur de l’histoire est un petit garçon qui est le témoin de l’amour fou que ses parents se portent l’un à l’autre.Chez eux, tout est amusement, rire, fêtes et cocktails. ( Une vie que l’on aimerait tous mener, quoi !)

Le père choisit un prénom différent tous les jours pour sa femme, leur animal de compagnie est un grand oiseau rapporté de Namibie qui déambule dans l’appartement, parfois affublé d’un collier de perles  et le petit garçon manque régulièrement l’école . Leur vie semble donc n’être qu’un tourbillon de plaisirs rythmée par la chanson de Nina Simone  « Mr Bojangles », sur laquelle les parents adorent danser .

Mais bientôt les excentricités de la mère du narrateur prennent un tour tragique . Le diagnostic tombe et elle doit être internée …

Je ne vous en dirait bien évidemment pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture .

J’ai bien aimé ce roman qui se lit vraiment très vite et m’a fait penser, par certains aspects, à L’écume des jours de Boris Vian .

L’intrigue est originale et on sent poindre le drame ce qui fait que l’on a du mal à lâcher le livre .

En attendant Bojangles semble avoir eu beaucoup de succès à la fois auprès des lecteurs et des libraires et c’est, à mon humble avis, tout à fait justifié !

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut – 158 p.

 

Nos disparus

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Il fait beau, il fait chaud, quoi de mieux qu’une croisière en bateau ?

Oui mais attention, dans ce roman de Tim Gautreaux, il n’est pas question de se prélasser sur un transat en se laissant bercer par les vagues .

Le personnage principal de Nos Disparus, Sam Simoneaux, est Cajun et responsable d’étage dans un grand magasin de la Nouvelle Orléans, métier dont il est fort satisfait et qu’il souhaiterait bien garder le plus longtemps possible. Malheureusement pour lui, le destin va en décider autrement. Une fillette va être enlevée dans ce magasin et tout le monde, les parents de la gamine, le directeur du magasin et même la femme de Sam vont le tenir pour responsable de cette disparition . Sam va alors se lancer à la recherche des kidnappeurs en se faisant embaucher comme videur ( et accessoirement pianiste) sur l’Ambassador, bateau à aubes qui remonte et descend le Mississippi et sur lequel travaillent également les Weller, parents de la fillette disparue .

On ne peut pas vraiment dire que ce roman soit un polar . Bien sûr, le lecteur se demande si Sam va oui ou non retrouver la petite Lilly . Mais c’est surtout l’occasion pour Tim Gautreaux de nous dépeindre la société du début du 20° dans le Sud des Etats-Unis . Les gens qui montent à bord de l’Ambassador sont loin d’être des enfants de coeur : on doit leur confisquer leurs armes avant qu’ils n’embarquent, ils crachent sur les ponts, boivent à en devenir ivre mort,se battent et voient souvent d’un mauvais oeil les musiciens noirs de l’orchestre qui officie sur le bateau .

Cette société se montre souvent raciste : envers les noirs mais aussi envers les Cajuns . En 1917, le français a été interdit dans les écoles de Louisiane et Sam est souvent la risée de ses interlocuteurs à cause de son accent .

A terre ce n’est pas beaucoup mieux : les petites villes qui bordent le Mississippi sont peuplées de rednecks en salopettes, de rustauds le plus souvent édentés et miséreux . A l’intérieur des bayous c’est encore pire : des familles de hors-la-loi sales et barbus font régner la terreur .

Et pourtant Sam n’abandonnera pas sa quête et mettra tout en oeuvre pour retrouver la fillette .

J’ai bien aimé ce personnage, rongé par la culpabilité . Celle de n’avoir pas pu empêcher le kidnapping, bien sûr mais aussi celle d’être le seul survivant de sa famille qui fût décimée lorsqu’il n’avait que 6 mois et enfin celle d’avoir abandonné à son sort en France  une petite orpheline qu’il venait de blesser. Loin de devenir amer et frustré, Sam se montre opiniâtre continue d’avancer …

Et puis quelqu’un qui se débat avec des morceaux de jazz et qui finit par progresser au piano ne peut que m’être sympathique !

J’avais souvent entendu parler de cet auteur et je suis bien contente de l’avoir enfin découvert nul doute que je ne vais pas m’arrêter à ce titre .

Nos Disparus – Tim Gautreaux – 570p.

The museum of extraordinary things

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Je n’avais encore rien lu de cette auteure (qui a pourtant écrit presque une trentaine de livres !) et une fois de plus, c’est la couverture du roman qui m’a poussée à l’acheter . En plus, l’histoire se déroule à New York au début du vingtième siècle, et c’est une période que j’adore . Comment peut- on s’imaginer, lorsque l’on se balade à Manhattan et que l’on se tord le cou pour voir jusqu’où montent les gratte-ciels, qu’auparavant, il n’y avait là que des marécages, des oiseaux et même des loups!

Avec The Museum of Extraordinary Things, nous voici propulsé un siècle en arrière, dans un récit qui va, en alternance, donner la parole à deux personnages.

Eddie a dû fuir les pogroms et son village natal de Russie avec son père pour émigrer à New York . Rapidement le jeune homme s’éloignera de son père auquel il ne veut surtout pas ressembler et deviendra photographe professionnel, spécialisé dans les scènes de crime.

Coralie, fille timide, persuadée d’être un monstre à cause d’une malformation de ses mains est totalement sous la coupe de son père. Cet homme, le Professeur Sardie tient un petit musée de « monstres » à Coney Island . ( qui est un de mes endroit préféré de New York, hyper dépaysant et si vous y allez, il FAUT manger un lobster sandwich face à la mer,avec une bonne bière !) . Il saura parfaitement exploiter la syndactylie ( pas facile à caser, hein !) de sa fille et fera d’elle le clou de son spectacle en la faisant passer pour une sirène .

Bien sûr, vous vous doutez bien que qu’Eddy et Coralie vont se rencontrer et tomber amoureux mais une fois de plus, ce n’est pas ce qui m’a le plus charmée dans ce roman .

Non, ma préférence va a l’aspect sociologique et au contexte historique du livre .

Il y a bien sûr l’évocation du New York du début du 20°, avec les conditions de travail épouvantables des ouvriers alors que la haute société prospère gentiment . C’est la deuxième fois que je lis un roman dans lequel est évoqué le dramatique incendie de l’usine textile du Triangle Shirtwaist et cela reste toujours effroyable d’imaginer ce que ces pauvres ouvrières ont dû vivre .

Eddie et Coralie sont bien sûr des personnages attachants mais je crois que j’ai préféré toute la flopée de personnages secondaires que l’on croise dans ce roman : l’ermite du marécage, homme réputé dangereux et qui a un loup pour animal de compagnie, les « monstres » qui se produisent dans le musée du Professeur Sardie, victimes de leurs différences physiques, le cocher ancien criminel qui parle aux oiseaux …

Bref, un roman qui m’a fait passer un bon moment de lecture . Petit bémol cependant, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs , en particulier dans la seconde moitié du livre .

Je compte bien cependant poursuivre ma découverte de l’univers d’Alice Hoffman …

The Museum of Extraordinary Things – Alice Hoffman – 365p.

 

 

 

The golden son

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Même si je sais que pour de multiples raisons, je ne mettrai jamais un doigt de pied en Inde, j’aime bien la littérature indienne . Je ne connaissais pas cette auteure donc le roman dont je vais vous parler maintenant m’a permis de la découvrir .

Deux personnages principaux sont au centre de The Golden Son : Anil Patel, le fils dont il est question dans le titre et Leena, son amie d’enfance .Ce sont leurs destins croisés qui forment la trame de ce roman.

Anil est le fils aîné de la famille Patel . Un avenir glorieux lui est promis : il devient médecin et choisit de partir aux Etats-Unis ( au Texas plus précisément) dans un hôpital prestigieux afin de parfaire son expérience. Evidemment, le choc des cultures est rude : tout semble fonctionner de manière différente entre l’Inde et les Etats-Unis et il ne sera pas toujours facile à Anil de s’adapter.

En parallèle à cela, Leena, restée en Inde, sera forcée d’épouser un homme qui se révèlera un vrai tortionnaire et malgré tous les efforts de la jeune fille pour être douce et aimable, sa vie sera très vite en danger .

J’ai un avis un peu mitigé sur ce roman. J’ai bien aimé la découverte qu’Anil fait des Etats-Unis et aussi les passages à l’hôpital. J’ai trouvé intéressant de découvrir comment fonctionne un service hospitalier .

Les chapitres qui concernent Leena sont plus convenus, il faut avouer aussi que j’ai déjà beaucoup lu sur le sort des femmes en Inde .

Ce qui m’a le plus dérangée ( ATTENTION SPOILER !!!) c’est que l’histoire d’amour entre Anil et Leena se voit comme une trompe sur le visage d’un éléphant ( ça a un visage, un éléphant ?) et l’on sent très vite que l’on va s’acheminer vers un happy-end un peu trop Bollywoodien à mon goût …

En bref, si vous n’avez jamais lu de roman sur l’Inde, celui-ci se lit facilement mais celles et ceux qui ont déjà lu du Jumpa Lahiri, Arundhati Roy, Vikas Swarup, Anita Nair …sans oublier l’excellentissime Tigre Blanc d’Aravind Adiga, je pense que vous pouvez passer votre chemin . Ou peut être pour vous détendre, cet été, si vous prenez des vacances .

The Golden Son / Un fils en or – Shilpi Somaya Gowda – lu sur ma liseuse .  

L’étrangère

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Bon, alors, que je vous explique … le lien avec le thème du roman se trouve dans l’assiette … Si vous trouvez, dîtes le moi en commentaire que je vous félicite !

Aravni a 17 ans , lorsqu’en Juillet 1915 elle est arrêtée par l’armée turque avec sa mère, sa jeune soeur et sa tante . Les hommes de la famille, arrêtés eux quelques semaines auparavant, ne sont bien sûr pas revenus .

Car: « Les Jeunes-Turcs, qui ont destitué le sultan, ont de grandes ambitions pour leur pays. Ils veulent un destin national pour la Turquie et un seul grand peuple, racialement et religieusement homogène. Les Arméniens sont un souci. » (p.22)

Après avoir arrêté et fait disparaître les hommes,l’armée turque fait monter les femmes à bord d’un convoi  vers une destination inconnue . La mère et la soeur d’Aravni n’y survivront pas et Aravni elle-même ne s’en sortira que grâce à l’ingéniosité et à la perspicacité de sa tante .

Ce roman va donc retracer le destin de la grand-mère arménienne de l’auteure, en alternant les chapîtres qui parlent de sa jeunesse et de sa déportation et ceux qui nous la montrent, devenue grand-mère,cuisinant des gâteaux pour ses petits enfants en France .

Mon avis ? J’ai adoré ce livre. Tout d’abord, j’avais bien sûr entendu parler du génocide arménien mais je dois avouer que ce sujet était tout de même très flou dans ma tête.Ce roman m’a donné envie d’en savoir beaucoup plus sur ces évènements dont on parle peu .

Ce passage en particulier m’a marquée : « La grand-mère ( de Mathilde) revint avec l’assiette de gâteaux . Elle la tendit devant moi . L’inscription dépassait de la manche de sa robe . Le matricule à cinq chiffres, tatoué sur la peau des déportés d’Auschwitz. Je savais parfaitement de quoi il s’agissait : ma connaissance de la déportation juive était infiniment supérieure à celle des marches de la mort arméniennes. Je regardais le tatouage en silence. Je me disais que Mathilde avait de la chance. Sa grand-mère, contrairement à la mienne, avait une preuve. »p.198

Alors oui, le sujet est  pesant et certains passages sont presque insoutenables  mais le fait que les chapitres soient très courts permet d’alléger un peu l’horreur des faits qui sont relatés .

Et enfin, les chapitres qui se passent en France pendant l’enfance et l’adolescence de l’auteure sont à la fois drôles et touchants car on ressent bien tout l’amour que Valérie Toranian peut porter à sa grand-mère.

L’étrangère- Valérie Toranian- 234p

 

Journal d’un corps

 

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Allez, un roman de Daniel Pennac, il y avait bien longtemps …

Le livre s’ouvre alors que le père de Lison vient de mourir. Il lègue à sa fille une pile de cahiers dans lesquels il a noté, tout au long de sa vie, le journal de son corps . Libre à elle d’en faire ce que bon lui semble .

Alors le lecteur, tel la fille du narrateur, part à la découverte de ce monsieur et de l’évolution de son corps depuis ses douze ans jusqu’à sa mort, à quatre-vingt sept ans .

Bon, évidemment, dit comme cela cela peut paraître peu vendeur . Mais bien sûr vous connaissez l’écriture de Daniel Pennac, à la fois simple mais efficace qui fait que l’on se laisse porter par l’histoire . Car oui, il y  a bien une histoire, l’histoire de la vie d’un homme  abordée sous l’angle de son corps avec ses moments drôles ( la découverte de la sexualité à l’adolescence entre autre ) et aussi ses moments tristes ( les inévitables pertes des êtres chers, la vieillesse et ses cohortes de maladies) .

Ce qui fait aussi le charme de ce roman, ce sont tous les personnages qui gravitent autour du narrateur : Violette qui reste le pilier indissociable de son enfance, Mona , sa femme adorée et puis Tijo . J’avoue avoir une grosse faiblesse pour ce dernier personnage …

Mon avis sur ce roman est donc plutôt positif . Le sujet est original, le fait qu’il soit présenté sous forme d’entrées de journal intime le rend plus aéré, pas d’interminable chapitre à lire avant de fermer l’oeil …et le narrateur est tout de même très attachant .

Le côté négatif tient au sujet du livre lui même: on s’achemine lentement mais sûrement  vers la fin de la vie du narrateur et forcément, ce n’est guère réjouissant car cela nous renvoie aussi à notre propre fin de vie…

Mais je suis somme toute contente d’avoir lu ce livre d’un auteur que j’avais laissé de côté depuis la saga Malaussène .

Journal d’un corps – Daniel Pennac – 434p. ♥ ♥ ♥

 

 

Patte de velours, oeil de lynx

velours

Parfois « less is more »(ce ne sont pas mes copines blogueuses-mode qui me contrediront) donc une photo très sobre aujourd’hui pour vous parler  de ce petit roman suédois . ( De toute façon, Leshakili a catégoriquement refusé de reproduire la photo de couverture du livre !)

Mais avant toute chose, je me rends compte que je n’ai rien écrit ici depuis plus d’un mois . Bien évidemment, je ne suis pas restée autant de temps sans lire. J’ai simplement traversé une mauvaise passe livresque . Aucun roman ne m’a suffisamment plu ( ou même déplu) pour que j’éprouve l’envie de venir en parler .Quelques titres : Today,we live ( ouais, bof), Les loups à leur porte ( ouais, bof ) ( les scénaristes qui se mettent à écrire des romans, hein …), La femme d’en haut ( sans plus), L’Amie Prodigieuse ( pas mal mais on en a parlé beaucoup un peu partout ).

Je reviens donc aujourd’hui avec un roman  prêté par ma copine A. qui connaît mon amour des félins.

Sara,Bjorn, et leur chatte Michka partent s’installer dans leur nouvelle maison à la campagne. Ils vivaient auparavant dans un appartement en ville et sont donc ravis des nouvelles perspectives qui s’offrent à eux dans cette maison fraichement rénovée et son grand jardin .

En face de chez eux vivent Agneta, Lars et leur chat Alexander.Ce dernier, très habitué à régner en maître des lieux, va très vite montrer aux nouveaux arrivants qu’ils ont élu domicile sur SON territoire . Ajoutez à cela, des relations de voisinage qui, cordiales au départ, dérapent très vite et vous aurez une idée de ce qui vous attend si vous lisez ce roman .

J’ai bien aimé voir la tension monter entre les deux couples et le côté « passé mystérieux » de la maison . L’écriture est fluide et le roman( presque une nouvelle, en fait) est si court qu’il se lit vraiment rapidement .

En revanche, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages . C’est certainement dû à la brièveté du roman et la fin est trop abrupte . Elle aurait mérité, elle aussi d’être développée .

Quant au titre, je le trouve très mièvre, il ne reflète pas du tout l’ambiance du roman!

Donc un petit livre qui m’a fait passer un bon moment mais dont je ne suis pas sûre de me souvenir dans quelques mois .

Patte de velours, oeil de lynx-Maria Ernestam 100p.  🙂 

 

La maladroite

 

maladroite

 

D’habitude, je fuis comme la peste les romans qui traitent de la maltraitance sur les enfants . Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai l’impression que cela va être dégoulinant de pathos et que c’est trop facile de faire pleurer dans les chaumières avec un tel sujet.

Et là, j’ai vu ce roman sur le présentoir de ma médiathèque et je me suis dit que pour  une fois je pouvais toujours tenter, que le livre n’étais pas épais et puis que les critiques lues étaient plutôt bonnes .

Je n’ai pas regretté mon choix .

Ce livre aurait pu s’intituler « chronique d’une mort annoncée » si ce titre n’était pas déjà pris . Il raconte la maltraitance subie par la petite Diana, 8 ans , qui se terminera inéluctablement par la mort de l’enfant. Ce qui fait la force de ce roman, c’est la façon dont dont il est construit. Aucun chapitre, mais une succession de témoignages : la grand-mère, l’institutrice, le gendarme qui auditionne une première fois les parents, le médecin scolaire … Tous ont eu des doutes sur ce qui se passait dans le foyer mais le numéro bien rodé des parents ( « elle souffre d’une maladie immunitaire et sa peau marque beaucoup », « elle se bat avec son frère », « elle est maladroite »…) et la lourdeur administrative face à ce type de signalement ont conduit à la mort de l’enfant.

Au fil de la lecture, le malaise s’accroît et le lecteur s’interroge : « Aurais-je fait mieux, moi, si j’avais été confronté à une telle situation dans mon entourage ? »

Un vrai roman coup de poing donc, écrit dans une langue factuelle, émouvant certes mais sans jamais tomber dans la facilité émotionnelle qu’appelle ce type de sujet .

La maladroite- Alexandre Seurat – 122p. ♥ ♥ ♥

Ce premier roman d’Alexandre Seurat est inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé en 2009 : la petite Marina Sabatier, 8 ans, est morte suite aux mauvais traitements que ses parents lui ont régulièrement infligés. Ils ont ensuite tenté de faire croire à l’enlèvement de la fillette pour expliquer sa disparition …

La curiosité est un péché mortel

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Et voici donc le deuxième opus des aventures de Lizzie Martin, l’héroine des romans policiers d’Ann Granger .

Nous quittons Londres pour la New Forest où Lizzie doit servir de dame de compagnie pour la très jeune Lucy Craven,dont le nouveau-né est décédé peut de temps après la naissance . La jeune mère étant soupçonnée d’avoir perdu la raison suite à cet évènement tragique, Lizzie découvre très vite que l’homme qui fait le trajet avec elle est un aliéniste chargé en fait d’évaluer l’état de santé de la jeune Lucy . Celle-ci clame en effet que l’enfant mort n’est pas le sien .

Peu de temps après l’arrivée de Lizzie, l’attrapeur de rats du village est retrouvé assassiné dans le jardin de la demeure où réside Lucy et ses tantes . Tout concorde pour faire de Lucy Craven la parfaite suspecte de ce meurtre …

J’ai retrouvé avec plaisir l’époque victorienne campée par Ann Granger . Je trouve d’ailleurs que l’intérêt sociologique de ses romans l’emporte sur l’intrigue policière puisque l’auteur du meurtre et son mobile sont faciles à deviner .En effet, si le livre se lit aisément, avec une alternance des points de vue intéressante sur la même histoire, j’avoue que ce qui me plaît particulièrement c’est l’évocation de cette période de l’histoire anglaise . Les débuts de la psychanalyse,les infirmières qui commencent à faire leur apparition dans les hôpitaux, le triste sort des enfants abandonnés et confiés à des « workhouses »  : tout ceci est vraiment très bien décrit dans ce roman . J’ai en particulier vraiment aimé le passage à la fin qui se déroule dans les bas-fonds Whitechapel .

Les livres de cette auteure représentent donc pour moi une petite parenthèse « so British » entre deux autres romans plus contemporains et c’est un plaisir de savoir que je pourrais ultérieurement retrouver cette ambiance puisque les aventures de Lizzie Martin comportent plusieurs tomes .

La curiosité est un péché mortel – Ann Granger ( lu en V.O. sur ma liseuse) 🙂 🙂  🙂