disparus

Il fait beau, il fait chaud, quoi de mieux qu’une croisière en bateau ?

Oui mais attention, dans ce roman de Tim Gautreaux, il n’est pas question de se prélasser sur un transat en se laissant bercer par les vagues .

Le personnage principal de Nos Disparus, Sam Simoneaux, est Cajun et responsable d’étage dans un grand magasin de la Nouvelle Orléans, métier dont il est fort satisfait et qu’il souhaiterait bien garder le plus longtemps possible. Malheureusement pour lui, le destin va en décider autrement. Une fillette va être enlevée dans ce magasin et tout le monde, les parents de la gamine, le directeur du magasin et même la femme de Sam vont le tenir pour responsable de cette disparition . Sam va alors se lancer à la recherche des kidnappeurs en se faisant embaucher comme videur ( et accessoirement pianiste) sur l’Ambassador, bateau à aubes qui remonte et descend le Mississippi et sur lequel travaillent également les Weller, parents de la fillette disparue .

On ne peut pas vraiment dire que ce roman soit un polar . Bien sûr, le lecteur se demande si Sam va oui ou non retrouver la petite Lilly . Mais c’est surtout l’occasion pour Tim Gautreaux de nous dépeindre la société du début du 20° dans le Sud des Etats-Unis . Les gens qui montent à bord de l’Ambassador sont loin d’être des enfants de coeur : on doit leur confisquer leurs armes avant qu’ils n’embarquent, ils crachent sur les ponts, boivent à en devenir ivre mort,se battent et voient souvent d’un mauvais oeil les musiciens noirs de l’orchestre qui officie sur le bateau .

Cette société se montre souvent raciste : envers les noirs mais aussi envers les Cajuns . En 1917, le français a été interdit dans les écoles de Louisiane et Sam est souvent la risée de ses interlocuteurs à cause de son accent .

A terre ce n’est pas beaucoup mieux : les petites villes qui bordent le Mississippi sont peuplées de rednecks en salopettes, de rustauds le plus souvent édentés et miséreux . A l’intérieur des bayous c’est encore pire : des familles de hors-la-loi sales et barbus font régner la terreur .

Et pourtant Sam n’abandonnera pas sa quête et mettra tout en oeuvre pour retrouver la fillette .

J’ai bien aimé ce personnage, rongé par la culpabilité . Celle de n’avoir pas pu empêcher le kidnapping, bien sûr mais aussi celle d’être le seul survivant de sa famille qui fût décimée lorsqu’il n’avait que 6 mois et enfin celle d’avoir abandonné à son sort en France  une petite orpheline qu’il venait de blesser. Loin de devenir amer et frustré, Sam se montre opiniâtre continue d’avancer …

Et puis quelqu’un qui se débat avec des morceaux de jazz et qui finit par progresser au piano ne peut que m’être sympathique !

J’avais souvent entendu parler de cet auteur et je suis bien contente de l’avoir enfin découvert nul doute que je ne vais pas m’arrêter à ce titre .

Nos Disparus – Tim Gautreaux – 570p.

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