maladroite

 

D’habitude, je fuis comme la peste les romans qui traitent de la maltraitance sur les enfants . Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai l’impression que cela va être dégoulinant de pathos et que c’est trop facile de faire pleurer dans les chaumières avec un tel sujet.

Et là, j’ai vu ce roman sur le présentoir de ma médiathèque et je me suis dit que pour  une fois je pouvais toujours tenter, que le livre n’étais pas épais et puis que les critiques lues étaient plutôt bonnes .

Je n’ai pas regretté mon choix .

Ce livre aurait pu s’intituler « chronique d’une mort annoncée » si ce titre n’était pas déjà pris . Il raconte la maltraitance subie par la petite Diana, 8 ans , qui se terminera inéluctablement par la mort de l’enfant. Ce qui fait la force de ce roman, c’est la façon dont dont il est construit. Aucun chapitre, mais une succession de témoignages : la grand-mère, l’institutrice, le gendarme qui auditionne une première fois les parents, le médecin scolaire … Tous ont eu des doutes sur ce qui se passait dans le foyer mais le numéro bien rodé des parents ( « elle souffre d’une maladie immunitaire et sa peau marque beaucoup », « elle se bat avec son frère », « elle est maladroite »…) et la lourdeur administrative face à ce type de signalement ont conduit à la mort de l’enfant.

Au fil de la lecture, le malaise s’accroît et le lecteur s’interroge : « Aurais-je fait mieux, moi, si j’avais été confronté à une telle situation dans mon entourage ? »

Un vrai roman coup de poing donc, écrit dans une langue factuelle, émouvant certes mais sans jamais tomber dans la facilité émotionnelle qu’appelle ce type de sujet .

La maladroite- Alexandre Seurat – 122p. ♥ ♥ ♥

Ce premier roman d’Alexandre Seurat est inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé en 2009 : la petite Marina Sabatier, 8 ans, est morte suite aux mauvais traitements que ses parents lui ont régulièrement infligés. Ils ont ensuite tenté de faire croire à l’enlèvement de la fillette pour expliquer sa disparition …

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