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« La vieillesse est un naufrage », disait ce bon vieux Chateaubriand dans Les Mémoires d’Outre-Tombe . Moi je suis tentée d’ajouter : « Tant que le capitaine est mignon, on a pas tout perdu ! »

Le roman dont il est question aujourd’hui parle donc de personnes âgées . Le personnage central est Mrs Palfrey,qui, devenue veuve, décide d’emménager à l’Hôtel Claremont de Londres, une résidence pour personnes du troisième âge.Elle y fera la connaissance d’autres pensionnaires sensiblement du même âge qu’elle et y découvrira une vie faite de longs moments d’ennui, de ragots et de petites mesquineries. Le souci de Mrs Palfrey est qu’elle, personne ne vient la voir . Peu de temps après son arrivée, ne voulant pas sembler totalement abandonnée par sa famille, elle fanfaronne au sujet de Desmond, son petit-fils qui travaille au British Museum . Mais le jeune homme n’a pas l’air très pressé de rendre visite à sa grand-mère . Et la pauvre Mrs Palfrey doit affronter les questions des autres pensionnaires qui en viennent même à laisser ouvertement sous-entendre que Desmond n’est qu’une invention de son esprit .

Or, un jour qu’elle était sortie, Mrs Palfrey fait une chute et est secourue par Ludo, un jeune écrivain sans le sou . Il n’en faut pas plus pour que notre vieille dame fasse endosser au jeune homme le rôle du petit-fils tant attendu …

Autant le dire tout de suite, j’ai adoré ce roman . Le thème est certes peu réjouissant mais il est traité avec tant de finesse et d’humour ( allant parfois jusqu’au cynisme) que le côté parfois sordide de la situation de ces personnes âgées n’est pas trop pesant.

J’ai trouvé  très juste l’analyse que l’auteur fait de la vieillesse  : »Quand on vieillit la vie prend tout et ne donne plus rien . On dépend des autres pour les distractions et le reste. C’est comme redevenir un enfant en bas âge . »( p. 160). Elle réussit cependant à ne jamais tomber dans le pathos .

Un petit bémol cependant: j’ai trouvé que la fin était un peu vite expédiée mais  c’est certainement dû au fait que le roman est court et que j’aurai sans doute aimé passer un peu plus de temps avec cette très attachante ( et so British!) Mrs Palfrey !

Bref, je vous recommande chaudement ce livre et je remercie sincèrement M. qui m’a fait découvrir cette auteure !

Mrs Palfrey, Hôtel Claremont – Elizabeth Taylor ( non, pas la Cléopâtre aux yeux violets, il s’agit d’une homonyme !) – 254p. 🙂 🙂 🙂 🙂

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